
Le 14 septembre, un mini-bus de Chaiten nous a conduit au village de Puyuhuapi sur la piste en gravier sillonnant a travers la foret. Beaucoup de verdure tout le long du trajet, une maison isolee de temps a autres, eloignee des autres villages comme coupee du monde. Nous croisons egalement des vaches et moutons en semi-liberte. Le temps etait encore charge de nuages, mais nous avons pu entrevoir par moment les sommets blanchis. Nous sommes au printemps ici, les arbres bourgeonnent, mais il neige encore en altitude.
Des notre arrivee dans ce tout petit village au bord d'un fjord, nous nous sommes renseignes pour le prochain bus vers Coyhaique. Faites qu'il y en ait un avant la semaine prochaine... Heureusement oui, mais nous devons attendre tout de meme 3 jours. On ne va pas ou on veut quand on veut ! Pas etonnant qu'on ne croise pas beaucoup de monde ici. Pas facile de trouver un hospedaje (petit hotel), entre les nombreux qui sont fermes (meme l'office du tourisme qui ne re-ouvrira qu'en janvier prochain !), celui qui ne voulait pas nous recevoir, un autre qui a brule, le suivant qui n'avait pas de lit (?!!)... Avec la pluie, pas question de planter notre tente. Par hasard, nous croisons une petite dame qui sortait d'une maison... ouf ! C'est un hospedaje ! Le conduit du poele a bois passe meme dans notre chambre !!
Notre sejour fut agreable. Nous nous sentons bien au milieu de nulle part. Olga, la patronne a l'air d'elever seule sa fille Valentina. Elles font leur petite vie juste a cote de nous, patisseries, devoirs... Audrey est enchantee de pouvoir cuisiner sur le poele a bois (et de gouter les specialites locales !). Toutes ces maisons de lamelles de bois de couleur ou en tole coloree, ont l'air d'en etre equipe.
Le lendemain de notre arrivee, nous nous levons les premiers pour etre prets pour 7h30 de maniere a prendre l'unique bus qui passe devant le parc Queulat. Zut ! Nous le loupons pour quelques minutes ! Qu'a cela ne tienne, nous partons a pied. Il y aura bien un vehicule qui s'arretera avant les 14km qui nous separent du parc !
Il se met a pleuvoir de plus en plus... nous nous sentons un peu seul sur cette route... personne a l'horizon ! Soudain, un collectivo !! Benoit lui barre presque la route pour etre sur qu'il s'arrete. OK, contre un billet nous voila devant le chemin qui mene a l'entree a l'entree du parc. En realite, il y avait encore plus de 2 km a faire jusqu'a la barriere. La, pas un chat meme le poste des gardes de la CONAF etait vide. Tant pis pour le ticket souvenir ! Nous etions vraiment seuls ici, avec la pluie et les nuages ! Les montagnes n'etaient pas tres visibles le matin.
La marche jusqu'au mirador du glacier Ventisquero Colgante aurait ete facile si le sol n'avait pas ete pas imbibe et glissant, et si le chemin n'avait pas ete envahi par les fougeres de 3 m de haut, quilas, arbustres, arbres casses par la neige et le vent. La nature reprend vite ses droits sans l'entretien de l'homme. Nous nous sommes plus sentis dans la jungle ici que lors de notre treck en Bolivie !! Soudain, la foret s'est eclaircie et nous avons apercu le lac Tempano d'une belle couleur verte indescriptible. Que de vert autour de nous... a part ce ciel blanc ! Puis un bruit sourd, comme un grondement de tonnerre... un morceau de glacier venait de tomber !
Lorsque nous sommes arrives au mirador, comme par magie, les nuages se sont ecartes pour nous laisser voir le glacier. Il est superbe. Parait-il, c'est par ce temps pluvieux que sa couleur bleue ressort le mieux. Nous avons donc de la chance qu'il ne fasse pas beau !! Pendant notre pique-nique face a ce monstre bleu qui surplombe le lac, d'autres blocs de glace se sont brises sur la paroi rocheuse et se sont effondres en poudre jusqu'au neve du dessous. Impressionnant ce bruit !
La balade s'est terminee au bord du lac aux couleurs ravivees par une belle eclaircie, avec en toile de fond le glacier et les montagnes aux sommets enneiges.
Nous sommes rentres en stop. Apres 15 km de marche nous avions bien merite un peu de reconfort. Pour accompagner notre the, Olga nous a offert des calconnes roto (sorte de bugnes) qu'elle venait de preparer avec Valentina pour la fete nationale. Nous nous la celebrerons a Coyhaique... |