
Nous venons de finir notre sejour dans la region d'Arequipa, et nous sommes motives pour vous en parler a chaud !!
La deuxieme ville du Perou nous a plus servi de porte-bagages que de lieu de sejour. Arequipa est certes agreable, avec des batiments de pierres volcaniques blanches, mais nous n'avons pas accroche plus que cela. Il faut dire que l'on nous en avait tellement parle en bien... Ca reste une ville quoi !! Les volcans et chaines de montagnes enneigees visibles du centre nous ont plus encourages a decouvrir les grands espaces. Notre premiere escapade de trois jours a la Laguna de Salinas, ne s'est pas passe tout a fait comme on le pensait et la seconde de six jours au Cañon del Colca, a quant a elle dure plus longtemps que prevu.
Il n'etait pas gagne d'avance que nous parvenions a rejoindre la Laguna de Salinas comme nous le voulions. En effet, la veille de notre depart nous nous sommes renseignes a l'office du tourisme pour les horaires des collectivos (bus collectifs), et pour s'assurer de la securite des lieux. Normalement, nous pouvions prendre un bus en direction du village d'Ubinas mais nous apprenons qu'en raison du reveil du volcan Ubinas, le village a ete evacue et les transports en commun ont ete suspendus. Nous devions donc nous rendre a Chiguata et de la, nous debrouiller par nos propres moyens si nous voulions voir cette fameuse lagune, qui elle ne presentait pas de danger. Un peu etonnes, nous nous sommes rendus dans un cyber cafe pour prendre plus d'infos sur ce volcan. Celui-ci etait bien en train de faire des siennes, mais le village n'aurait pas ete evacue... Il n'y aurait donc pas de raison que les bus soient supprimes, au pire, nous aurions peut-etre trouve des voitures ou des camions. Dur dur d'avoir les renseignements que nous cherchions. Que faire ? Nous avons decide d'etre un peu "punk" (ca c'est pour toi Gon's) et nous voila donc partis le 6 juin au matin bien determines a camper a la lagune. Non sans mal nous avons trouve le terminal de collectivos pour Chiguata. Le chauffeur nous explique que de ce village, nous pourrons prendre un second bus en direction d'Ubinas qui nous deposera a la lagune. Contents, nous voila partis dans un combi bonde de villageois. Surprise en arrivant a Chiguata, le chaufeur nous apprend que le bus suivant ne part que le lendemain dans les environs de 7-9h !! Nous sommes restes plantes la, sur le bord d'une piste tellement poussiereuse qu'on aurait dit de la farine tamisee ! Nous ne sommes pas mecontents de cette premiere escale. Nous avons campe dans un champ au dessus de l'eglise et nous avons pu nous acclimater un peu a l'altitude. Quel calme ! Quel regal cette cuisine au feu de bois dans ce petit resto tenu par un couple age si soucieux de vouloir bien faire et si touchant !
A Chiguata nous nous etions assures aupres de plusieurs personnes de l'existence et horaire du bus du lendemain. Mais le jour venu, apres une heure d'attente sans aucun bus a l'horizon, nous nous sommes decides a nous renseigner une enieme fois. Re surprise : ni bus ni voiture ne passent par la. L'homme nous a emmenes bien gentiment un peu plus haut en 4x4 d'ou nous avons pris un collectivo, puis un bus !! OUF !! Nous y sommes enfin dans ce bus pour Ubinas encore plus bonde que la veille ! Et vous savez quoi, le comble dans tout cela, il venait directement d'Arequipa !
Cette histoire vous a peut-etre paru un peu longue... tout cela pour dire que parfois on galere un peu. La determination joue beaucoup sans oublier le hasard des rencontres. Mais tout cela valait vraiment le coup.
A notre descente du bus au village Salinas Moche, qui borde la Laguna de Salinas, une femme ayant fait le trajet avec nous, nous a invites a dormir chez elle. C'est avec joie que nous avons accepte. La question qui revient toujours "Est-ce par interet ?". Ici, non.
Sabina vit seule avec sa fille Sandra 3 ans dans une maison sans eau chaude ni electricite. Elle eleve des lamas et alpagas et tricote des gants et bonnets qu'elle vend a Arequipa. En plus de tout cela, elle tient une petite epicerie. Sacree vie !
Nous nous sommes sentis bien ici dans cette simplicite, au coeur de ce petit village aux habitants sympathiques (50 personnes et 2 rues paralleles), sans oublier le paysage... L'endroit est tout simplement beau. Au loin le volcan Ubinas crache sans relache des nuages de fumee grisatre. De l'autre cote, le volcan Misti se tient fierement dresse. De part et d'autre, des sommets aux couleurs vives (jaune, marron, roux). Au milieu de la pampa, des troupeaux de lamas et alpagas broutant les quelques vegetaux poussant sur ce sol couvert d'une croute de sel. Et sur cette lagune, des flamands roses occupes a pecher.
Belle journee a se balader tranquillement (Difficile pour nous de faire des efforts a 4200m d'altitude, alors que les enfants jouent au foot !). Nous avons ensuite passe un agreable moment a nous amuser avec Sandra qui a beaucoup rit, pour le plus grand plaisir d'Audrey. Le soir arrivant, nous nous sommes retrouves dans la pampa avec nos hotes a ramener les troupeaux a leur enclos avec comme toile de fond un magnifique coucher de soleil sur le Misti. Comment ne pas etre emu de vivre cette experience ! Pour cloturer cette journee, nous avons bu un mate de coca eclaires a la bougie dans un "bar-resto-epicerie" ou un groupe d'hommes chantaient et jouaient de la flute de pan(antara), de la flute droite (kena), du tambour (caja) et autres. Ambiance andine comme nous n'aurions jamais imagine vivre un jour... Tout simplement magique ! Nous avons ete contents de voir que les Peruviens utilisent ces instruments qui ne sont pas uniquement en vente dans les boutiques touristiques.
Le lendemain, le mal des montagnes d'Audrey ne passant pas, c'est un peu a contre coeur que nous avons repris la piste cahotique et sinueuse pour Arequipa. Mieux vaut ici ne pas avoir le mal des transports ! Et mieux vaut avoir confiance au chauffeur lorsqu'il double des camions au bord des precipices !! Les Chinois n'auraient pas apprecie le trajet !!!
Une douche a Arequipa et c'est reparti mon kiki !
En route pour le Cañon del Colca, le plus profond du monde. Apres trois heures de bus, arret au village de Chivay. Audrey a eu la bonne idee d'aller aux toilettes mais quelle ne fut pas son erreur. En descendant du bus, elle compris qu'il serait difficile, voire impossible de regagner sa place. Une foule impressionnante de villageois s'empressait de monter dans le bus. Elle s'est donc retrouvee coincee en sandwich dans l'allee. Plus personne ne pouvait ni monter ni descendre, meme la cabine du chauffeur etait pleine ! C'est a se demander comment ils sont parvenus a fermer la porte ! Depuis l'Asie, nous avons deja voyage dans des bus bondes, mais la ca depassait l'entendement : au moins cent personnes entassees ! Il est clair que les transports en commun sont rentabilises dans les pays que nous traversons. Parfois nous avons l'impression de vivre des choses si hors du commun, qu'il nous ait difficile de les decrire.
Arrives a Pinchollo en fin d'apres-midi, nous avons trouve a nous loger dans un refuge tenu par un couple, Zacarias et Gladys. Cette une maison familiale au confort tres rudimentaire (construction traditionelle en briques de terre et sol en terre battue) : les parents partagent l'unique chambre avec leur fils de 13 ans, pas d'eau chaude, pas de douche, sanitaires a l'exterieur, lessive a la main a l'eau glacee...
Pinchollo est un petit village situe a 3600m d'altitude. On y fait un peu d'elevage (moutons, vaches) mais surtout de la culture de mais multicolores, pommes de terre, cereales (dont la cebada pour la cerveza por favor !). Il offre une belle vue sur les cultures en terrasse.
D'ici, nous nous sommes rendus jusqu'a une faille qui presentait de nombreux geysers. Nous avons ete impressionnes par ce phenomene naturel. Benoit a joue au cuisinier dans une gouille bouillonnante le temps d'un pique-nique (oeufs durs, faut pas pousser non plus !!). Ce jour la, nous avons apercu nos premiers condors, plannant majestueusement au loin.
Le lendemain, comprenant que nous ne voulions pas emprunter le chemin balise, Zacarias nous propose un deal (un favor por un favor) : Passer la journee avec eux pour prendre des photos, et le lendemain, il nous montrerait de chouettes coins dans le canyon, sans devoir acheter le billet touristique. Le marche a ete tres rapidement conclu !!
Du coup, le matin nous sommes partis a cheval a leur champ, ou nous avons participe au nivelage. Nous nous sommes rendus ensuite a des ruines pre-colombiennes, a une ancienne prison, a une maquette naturelle representant le systeme agricole local sur un rocher, ... afin de prendre des photos qu'il exposera pour developper son affaire. Dimanche "en famille" fort agreable qui nous a permis de sympathiser avec ces Peruviens.
Ca va ? Vous tenez l'coup ?? On sait, on s'enflamme aujourd'hui !! Ca s'explique, on vient de s'enfiler un croissant aussi bon qu'en France !
Alors c'est pas fini !!
Le jour suivant Zacarias nous a emmenes jusqu'au village de Cabanaconde, endroit ou le canyon est le plus encaisse. En chemin, nous avons fraude pour nous rendre aux points de vue ou nous avons pu observer des condors... Nous n'en sommes pas tres fiers, mais cela aurait ete abuse de payer 10 euros le boleto turistico.
Benoit avait une autre randonnee qui lui trottait dans la tete. Le Hualca-Hualca, culminant a 6025m, nous narguait depuis deja quelques jours. Apres cette petite balade au grand air et la negociation des tarifs avec notre guide Zacarias, sa decision etait prise. Audrey ne se sentait pas de partir 2 jours a une altitude si elevee. 6025m, ca commence a faire !!
Preparation mentale, du materiel (tente, nourriture, vetements chauds, crampons) et du cheval... et voila c'est parti !
Audrey pendant ce temps est restee tranquilou avec Gladys sur le point d'accoucher, Chato le chien qui a englouti notre fromton plus gros que lui (!!) et le grand-pere trafiquant d'epis de mais.
La premiere journee d'approche pour arriver au campement (4850m) a ete plutot facile. Le soir cependant, le soroche (mal de l'altitude) s'est fait sentir.
Par contre, la deuxieme journee a ete tres eprouvante. Nous nous sommes leves a 1h du matin, puis frontale sur la tete et feuilles de coca dans la bouche nous avons pris la direction du glacier (pensees pour Alain). La difficulte pour respirer est apparue des les premiers pas... et les derniers ont ete une torture !! Mais quelle satisfaction d'arriver au petit matin au sommet !
Belle rando, mais a bout de force pour retourner au village, puis a Arequipa le soir meme. Sa petite femme est fiere de lui !
Nous sommes ravis des moments d'echanges avec cette famille. Nous avons progresse en espagnol. Ils nous ont fait partager leur culture (rituels lies a l'agriculture et a l'elevage, la musique, les groupes ethniques du canyon, quelques mots Queshua, ...) et leurs connaissances sur la nature (plantes medicinales, fruits comestibles des cactus, animaux, ...).
Nous avons ete marques par ces enfants travaillant tels des adultes. Nous en avons croises avec le visage gerce par le froid trayant des vaches, rentrant des betes au villages (parfois a dos de moutons !!).
Nous ne pouvions pas partir d'Arequipa sans tenir nos promesses, ce qui n'a pas ete chose evidente. Merci a Diana rencontree dans la rue, qui nous a beaucoup aides. Zacarias recevra bientot son CD de photos, le grand pere pourra aussi afficher son portrait dans sa chambre. Nous esperons enfin que Sabina et Sandra auront plaisir a recevoir la poupee (Imaginez-vous des enfants sans jouet ?) et leurs photos. Dommage pour nous de ne pas avoir pu leur remettre en mains propres.
Felicitations a ceux qui sont venus a bout de cet article ! Attention, il y aura bientot interrogation ecrite ! |